Des plans fluides ? Le »Gimbal » est la réponse. C’est une poignée surmontée d’un système de stabilisation à 3 axes sur lequel on glisse sa caméra. Après d’autres précurseurs (Feyiu, Rollei…),  GoPro tente de couvrir ce marché avec le Karma Grip.  Le Karma Grip permet en effet de stabiliser une caméra GoPro Hero5 ou Hero 4 Black / Silver. Ne tentez pas une Hero3 ou 3+, ou une ancienne Hero Session.

Le Karma Grip agit selon 3 axes à l’aide de 3 moteurs « brushless » qui compensent les mouvements de la caméra. Une telle poignée renforce la fluidité de toutes les prises de vues en mouvements.

La poignée se différencie un peu de la gamme Osmo de DJI qui intègre d’origine une caméra (modèles Osmo, Osmo+ et Osmo pro) et fonctionne avec un smartphone. 

Le Karma Grip est inclus avec le drone Karma dans le pack de base à 999 euros pour offrir une polyvalence de prises de vues, aériennes comme terrestres. Du coup, la section stabilisation (la nacelle) se détache facilement du drone pour se fixer sur la poignée grip, et vice versa.

Indépendamment du drone, GoPro propose également le Grip du Karma en version « stand-alone » pour 350 €. 

Le Karma Grip EN DÉTAIL

Le Karma Grip se présente sous la forme d’une longue poignée en plastique agréable à prendre en mains (maislourde) et d’une nacelle stabilisée qui répond à des commandes exécutées depuis des boutons situés sur la poignée. Le « harnais » supérieur qui accueille la GoPro s’ouvre / se ferme à l’aide d’un harnais efficace et rapide à ouvrir / refermer. 

Pour connecter la GoPro Hero 5 Black au Karma Grip, il faut détacher la porte étanche de la GoPro, et emboîter les connecteurs USB-C et HDMI de l’actioncam sur les deux connecteurs du harnais du Karma Grip. Il faut bien enfoncer les connecteurs mâle et femelle, au besoin en prenant appui. Et tirer fort pour extraire la GoPro quand on a fini.

Si vous possédez une Hero 4 Black ou Silver, un harnais optionnel (35 euros tout de même) est nécessaire pour adapter le Grip. Ce harnais repose sur le même principe de connexion.

Lorsqu’on active le bouton d’alimentation du Grip, la GoPro s’allume à la suite automatiquement. Et une fois fini, l’extinction du Grip provoque l’extinction de la GoPro. Le Grip gère donc la mise sous et hors tension, mais aussi le démarrage / arrêt de l’enregistrement, et enfin le changement de modes de la caméra GoPro qu’on lui associe. 

Un calibrage est préconisé si vous constatez que l’angle de tilt ou de roll n’est pas au même niveau que la ligne d’horizon. Le calibrage se justifie également pour paramétrer finement l’équilibrage du Grip Karma en fonction de l’actioncam choisis. Ce calibrage s’effectue facilement, Grip éteint, en plaçant le Grip à l’horizontale, et en appuyant de façon continue sur le bouton de verrouillage, puis en attendant que la stabilisateur ait terminé son opération. 

De préférence, ne faites jamais fonctionner le Karma Grip avant d’installer la GoPro. Installez d’abord la GoPro, allumez le Grip ensuite.

La charge du Karma Grip s’opère grâce à un câble USB-C (fourni) qu’on connecte à la base de la poignée. C’est la batterie du Karma Grip qui alimente la GoPro. 

L’autonomie de la batterie interne du Grip s’élève à 1H45, ce qui reste (très) faible car il est impossible de changer la batterie. Certains rivaux proposent jusqu’à 8 heures d’autonomie (le Feiyu G5 par exemple) et la charge du Karma Grip dure 6H (!) avec le chargeur 1A standard. Pour réduire ce temps à 2 heures, il faut investir dans le Supercharger de GoPro (en option pour 55 €), capable de recharger 2 batteries.

Seule ruse possible : adopter un Power pack portable comme celui que propose GoPro pour 65 euros.

On peut aussi s’interroger : une batterie a une durée de vie limitée avec un certain nombre de cycles de charges / décharges. Que se passera-t-il lorsque la batterie interne parviendra en fin de vie ? Nous avons posé la question à GoPro, qui a confirmé qu’il faudra changer la poignée mais la durée de vie de la batterie serait sufisante pour un usage pendant des années.

Par contre un bon point : comme chez DJI et son Mavic Pro, on peut surveiller le niveau de charge au moyen de 4 diodes lumineuses. On peut aussi visualiser l’état de charge de la batterie en appuyant sur le bouton de verrouillage de l’inclinaison.

Côté fonctionnement, un appui séquentiel sur le bouton alimentation / mode permet de changer de mode : mode vidéo au mode Photo, Photo en rafale, Photo en accéléré. Puis on lance l’enregistrement via le bouton « Shutter » (cercle rouge) du Karma Grip. On peut enfin ajouter des balises HighLight à la volée.

Le Karma Grip est très costaud, l’alliage fait sérieux. La prise en main est bonne, aidée par le grip antidérapant qui a été placé à l’arrière de la poignée, ce qui est plus logique qu’à l’avant comme l’a fait DJI avec son Osmo. Mais le Karma Grip est lourd quoique le poids soit plutôt bien réparti. Cette sensation se confirme par les chiffres : la partie stabilisateur et la poignée Karma Grip font pratiquement le même poids : 242 et 244 grammes, soit déjà 486 grammes. Ajoutez les 118 grammes d’une GoPro Hero5 Black, et vous dépassez les 600 grammes. C’est relativement lourd pour une poignée. Par comparaison, un Osmo+ pèse 201 grammes, soit autour de 350 grammes maxi avec le smartphone associé. C’est environ 40% de moins !

Est-ce que la lourdeur du Karma Grip participe d’une meilleure stabilisation ? Ce n’est pas impossible car les mouvements d’un objet lourd sont plus amples, et donc très stables. Revers de la médaille, l’avant-bras ou le poignet peuvent fatiguer avec un poids de cette importance. A voir à l’usage.

A l’horizontale, la conception même du grip GoPro souffre d’un petit handicap. Le symptôme : lorsque vous tenez le manche verticalement et visez devant vous à hauteur des yeux, votre regard bute contre l’un des bras du stabilisateur, ce qui masque environ 1/3 de l’écran de la GoPro. Si bien que vous êtes tenté, pour mieux voir l’écran, de décaler le Grip de l’axe de votre corps, et de le placer sur la gauche, ce qui est une position moins confortable ou d’incliner le stabilisateur vers vous, ce qui élimine la gêne visuelle, mais crispe la prise en main. Il vous faudra trouver la meilleure position.

Autre particularité de conception, l’absence de pas de vis qui a pour conséquence qu’on ne peut pas installer le grip sur trépied. C’est dommage. La concurrence fait mieux sur ce plan.

Le stabilisateur de Gopro filme à l’horizontal. On peut lui demander de filmer vers le haut (à 130°) ou le bas (à 45°). Pour cela il faut maintenir le bouton de verrouillage de l’inclinaison puis relâcher lorsque la position souhaitée est obtenue. Le Grip orientera ainsi le cadre vers le haut / bas et il restera dans cette position. Pour annuler l’opération, il suffit de rappuyer sur le même bouton de verrouillage.

L’utilisateur peut aussi orienter la caméra vers le haut ou vers le bas en maintenant la caméra avec la main dans la position souhaitée durant deux secondes. C’est bien vu. Mais GoPro s’est arrêté là. On ne peut pas accomplir des mouvements de panning, ou de rotation à 180° pour un selfie. A titre personnel, je trouve que ce n’est pas plus mal. Mais ces restrictions pourront déplaire au nom de la polyvalence. Au pire, on peut retourner le Karma Grip et filmer à l’aveugle.

Sur le terrain, le Karma Grip est d’une efficacité redoutable, permettant de réaliser des plans très stables, en marchant, en courant, sur des terrains accidentés, ou en descendant des escaliers (voir notre vidéo) ! L’efficacité du stabilisateur tient à la qualité de l’ingénierie GoPro mais aussi peut-être à la compatibilité restreinte aux seules GoPro. Quand on est compatible qu’avec une seule marque, on fabrique sans doute un meilleur produit que lorsqu’on cherche à tout prix l’universalité…

Cependant, comme avec l’Osmo de DJI, mais à un degré moindre, l’image ne peut s’empêcher « d’onduler » légèrement en courant, quoique ce soit supportable à l’oeil. Autre atout indirect, la commande d’une GoPro 5 Black par reconnaissance vocale est un régal car ainsi, on n’a pas besoin de quitter la position de prise de main de la poignée.

En raison de la gêne occasionnée par l’arrière du stabilisateur, l’angle de vue et la prise en mains nécessitent d’être bien étudiés. Tenez compte aussi qu’on voit moins bien sur le petit écran d’une GoPro que sur un smartphone de 5 » associé à l’Osmo de DJI par exemple.

Au niveau des petits détails appréciés, un cordon de poignet permet de prévenir une éventuelle chute du Grip s’il vous échappe de la main.

Côté audio, c’est plutôt satisfaisant. Certes, le Karma Grip émet un petit bruit de fonctionnement (grésillement léger) mais qui reste très faible. Les moteurs brushless sont plutôt silencieux. C’est un net avantage sur ses rivaux. Cependant, la restitution du son change avec et sans grip. La voix d’une personne est plus nasillarde et moins forte lorsque la GoPro Hero5 Black est insérée dans le Karma Grip. Il faudra parler éventuellement plus fort.

En option, le grip-stabilisateur peut être tenu à la main ou fixé sur le corps au moyen de différents accessoires. Récemment commercialisé, le Karma Grip extension câble (environ 120 euros) est l’un des plus ingénieux car il permet de désolidariser la partie stabilisateur de la poignée, les deux étant reliés par un cordon souple. La poignée de 20 cm peut alors se glisser dans la poche d’un sac à dos ou être fixée sur le buste à l’aide d’un harnais supplémentaire.

D’autres accessoires existent sur lesquels on connecte directement le stabilisateur. Une solution particulièrement indiquée pour les VTTistes, les skieurs, etc.

Enfin, sachez qu’un étui autant solide qu’imposant est fourni. Il est doté d’un intérieur moulé, et permet de transporter le Grip en toute sécurité. Il rappelle tout à fait la housse de l’Osmo+. L’étui résiste aux intempéries mais comme aucun indice d’imperméabilité n’est précisé, je doute qu’il supporte une pluie tropicale. Tout au mieux, des petites averses.

Les rivaux du Karma Grip

Pour 310-330 euros, le Rollei e-Gimbal G5 Plus est doté d’un écran 3,5 » et pèse 405 grammes + la GoPro 4 Black avec laquelle il est compatible. On se rapproche du poids du Karma Grip à 50 grammes près. Sa batterie dure 2 heures, c’est guère plus que le Karma Grip. De plus, il ne semble pas compatible avec la Hero 5 Black, seulement avec les GoPro Hero 3, 3+ ou 4. Bref, à oublier si vous possédez ou voulez évoluer vers une Hero 5, à voir si c’est une Hero 4 ou 3.

Pour 300 euros, soit 50 euros de moins que le Karma Grip, le Feiyu Tech G5 (distribué par PNJ Cam) se rapproche du Karma Grip, à ceci près que l’actioncam se fixe en étant déporté à gauche de la poignée. Le Feiyu est compatible avec les GoPro Hero3/3+/4 (sans écran BacPac) et Hero5 Black ainsi qu’avec quelques autres actioncams (PNJCam, AEE, Xiaomi Yi 4K…). Le stabilisateur est donc plus universel que celui du Karma Grip.

Comme le Karma, le Feiyu supporte les éclaboussures. L’autonomie est de 8 heures grâce aux 2 batteries livrées qui à l’invere de celles du Karma Grip, sont extractibles. La rotation à 180 degrés (pour selfie) est aussi possible. Un contrepoids et des vis sont fournies pour s’adapter le mieux possible aux diverses actioncams. Deux filetages 1/4′ permettent de fixer le Gimbal sur d’autres supports (trépied, ventouse, harnais…).

Le Feyiu accomplit le panning, lock, panning / tilting et rotation à 180° pour selfie. Mais l’efficacité de la stabilisation semble un peu moins poussée qu’avec le Karma Grip.

Le Feyiu G5 pèse 271 grammes sans batterie, soit moins de 450 grammes, actioncam comprise. On est 150 grammes au-dessous du Karma Grip. 

Quelqus bémols :

-la caméra se fixe l’aide de vis, ce qui est moins pratique que chez GoPro.

-le support technique de Feiyu semble plus aléatoire.

-Le Feiyu génère des bruits de moteur plus forts que GoPro. 

On recense aussi le Zhiyun Z1 Evolution à 350 € qui fonctionne avec une GoPro ou assimilée ne dépassant pas 31 mm de largeur et 42,7 mm de hauteur. L’autonomie serait de 13 heures (!). Il dispose d’un joystick pour effectuer les mouvements et arbore un filetage 1/4 » permettant de fixer une rallonge. Il pèse 306 grammes au complet, soit environ 450 grammes avec une Hero4 Black. Son système à vis est moins pratique qu’avec le Karma de GoPro.

Nouveau venu depuis la fin 2016, et lancé par une souscription crowfunding sur le site IndieGoGo, le REMOVU S1 est coréen (du Sud… :). Le S1, compatible GoPro Hero3, 4 et 5, se base un peu sur le Karma Grip car la nacelle peut s’attacher sur tout support GoPro. Il est contrôlable à distance grâce à une télécommande Bluetooth munie d’un Joystick pilotant les mouvements de la caméra. L’autonomie serait de 8 heures.

Bémol, le Removu S1 semble souffrir du même problème de bruit des moteurs que le Feiyu Tech G5. Il serait WaterProoof (à confirmer). A 379 €, son prix est supérieur à celui de la plupart de ses rivaux. Mais sa conception lui permet de s’adapter à plusieurs autres marques de caméras (Xiaomi Yi notamment).

Enfin, impossible de ne pas mentionner l’Osmo+ de DJI, concurrent naturel sur ce segment d’appareils. L’Osmo vise le même objectif que le Karma Grip mais il repose sur une caméra intégrée et un support smartphone. On dénombre aussi l’Osmo mobile dénué de caméra, l’enregistrement et le cadrage s’appuyant sur le smartphone.

Le prix de l’Osmo+ est plus élevé à 749 euros, mais il intègre d’origine une caméra 12 Mp de cible 1/2,3 pouce capable d’enregistrer en FullHD ou 4K. L’Osmo est plus léger que le Karma Grip : 450 grammes en moyenne (selon poids du smartphone).

Le cadrage est plus aisé, facilité par le grand écran du smartphone et par une conception différente du système de stabilisation. L’Osmo+ peut zoomer légèrement en optique (x3,5). C’est le seul à le faire. La batterie ne tient que 40 minutes environ. Mais on peut acquérir plusieurs batteries. On constate aussi un certain temps de latence pour visualiser l’image, selon le smartphone utilisé, mais plus le smartphone est récent, moins le souci est visible.

Aucune vis à visser ni ajustement barbant.
Karma Grip et GoPro Hero interactif et fusionnel
Version disponible en stand-alone ou avec le drone
Bonne prise en main, grip antidérapant
Efficacité de la stabilisation
Pilote tout, y compris l’allumage de la caméra, depuis le manche
Faible bruit de fonctionnement
Karma Grip extension câble (environ 120 euros)
Étui solide
Cordon de poignet

Autonomie batterie interne (1H45) et non-amovible
Absence de pas de vis

Hero 4 Black ou Silver nécessitant un harnais optionnel
Grip assez lourd pour une poignée.
Pas de mouvements de panning, ou de rotation à 180° pour un selfie
Le regard peut buter contre l’un des bras du stabilisateur
Risque d’endommager la finition de la GoPro quand on l’extraie du harnais.

Pour ceux qui ont acquis ou envisagent d’acquérir le drone Karma malgré les déboires qu’il a connus, l’utilisation du Karma Grip est tout spécialement indiquée puisque l’accessoire est inclus avec le drone.

Ceux que le drone indiffère ou qui possèdent un Mavic pro ou un Spark 🙂 peuvent être tentés par l’ergonomie et l’interaction avec la GoPro Hero5 (ou 4 moyennant un harnais optionnel de 35 euros) qui est plutôt réussie si l’on excepte le poids de l’accessoire, l’un des plus lourds dans cette catégorie de produits.

Le fait de tout allumer / piloter depuis le manche est vraiment bien étudié. L’installation de la GoPro est simplifiée, et le maniement, bien conçu. La possibilité de fixer la seule tête stabilisée en VTT, à ski, en course à pied, à cheval, ou dans d’autres circonstances, grâce à un câble d’extension, étend considérablement les possibilités de ce stabilisateur.

On apprécie aussi le silence quasi parfait du Karma Grip qui permet de conserver le son d’origine, ce qui ne semble absolument pas le cas chez certains rivaux comme le Feyiu G5 ou le premier Osmo (le successeur, l’Osmo+, a en partie résolu ce problème). Le son d’origine est toutefois sensiblement diminué et nasillard par rapport à une captation sans grip.

Parmi les reproches adressés au Karma Grip, la visibilité de l’écran, en partie masquée, n’est pas évidente, moins bonne qu’avec le concept de l’Osmo. L’absence de pas de vis 1/4 » limite un peu la possibilité de fixer l’accessoire sur trépied ou monopode. La batterie est non-interchangeable, et par ailleurs d’une autonomie plus courte que les rivaux de GoPro. Et le Karma n’est pas étanche alors que la Hero5 Black l’est, c’est un peu bête. Enfin, dans une moindre mesure, le prix de 350 euros peut paraître élevé pour une poignée stabilisée, et la fatigue de l’avant-bras due au poids est une variable à prendre en compte.

Malgré tous ces petits défauts, l’achat du Karma Grip se défend face aux autres poignées de stabilisation car c’est un bon compromis, et sur le marché, il ne semble pas exister une poignée stabilisatrice qui puisse plaire à tout le monde pour l’instant.

Vidéo du Karma Grip de GoPro par Thierry P.