Les rails (ou sliders, ou encore barres de travelling) ne se bousculent pas sur ce marché, si l’on met à part les bricolages individuels qui demandent de fortes compétences car un slider est plus complexe qu’il n’en a l’air à fabriquer.

Les rails compacts de « voyage » sont encore plus rarissimes. On entend par « de voyage » des rails dont l’encombrement descend au-dessous de 50 cm. Nous en avons testé un en deux tailles.

Concept

Les deux sliders ici présents – les Linecam – répondent au critère « voyage » puisqu’ils font 46 cm et 34 cm. J’ai testé le modèle 46 cm, prêté par la Digistore, distributeur et loueur français. Le produita affiche deux façades en bois plutôt esthétiques.

Le Linecam est coréen, excepté la courroie fabriquée au pays du Soleil levant. Le Linecam du fabricant Motion9 conçoit aussi des cages, des jibs, et des batteries. En acier, il pèse entre 1,7 et 2 kilos nu, ce qui n’est pas rien quand vous ajoutez le poids de la rotule et du boîtier photo / caméra.

Prix : 400 euros (Linecam34) et 515 euros HT (Linecam46).

Le Linecam 46 en détail

Les Linecam sont des rails de moins de 50 cm, aisés en transport. Le concurrent le plus direct (Edelkrone) fait 9 cm de plus que le Linecam46 ou 20 cm de plus que le Linecam34. Le mouvement de travelling s’étend sur 23 cm ou 35 cm selon le modèle, ce qui est court. Mais une fois sur trépied, le débattement est bien plus important puisqu’il atteint 47 cm ou 70 cm sur le Linecam 46.

Un débattement de 70 cm sur trépied au lieu de 35 cm au sol, est possible grâce à la mécanique propre au rail : en effet la rotule qui supporte l’appareil photo st fixée au centre du rail. Deux blocs-chariots, l’un au-dessous, l’autre au-dessus, se désolidarisent, faisant glisser le slider le long du trépied sur son entière longueur, multipliant par deux la longueur du travelling. Ce système ingénieux n’est toutfois pas complètement nouveau : Edelkrone l’a déjà fait.

Une fois au sol, ce déplacement est exclu, le rail ne peut se mouvoir.

On peut se demander si un rail de 70 cm est suffisant compte tenu que la moyenne des sliders proposent des longueurs de 80 à 120 cm ? La réponse est oui. J’ai même été étonné, au montage, de raccourcir ds travellings que je trouvais trop longs ! 🙂

Tous les travellings sont-ils réussis ? Evidemment, non. Le choix du sujet, la fluidité du déplacement, le choix du type d’effet (latéral, zoom avant / arrière), prouvent que le travelling est une technique autant qu’un art, même si certaines recettes semblent immuables comme la dynamique du mouvement dans l’image.

On peut exceptionnellement utiliser 2 trépieds, d’habtude utile pour des rails de plus grande longueur (80 à 1,50 m). Les trépieds étant fixés aux extrémités du rail, la démultiplication du rail est impossible.

L’utilisation de 2 trépieds peut se justifier lorsque vous voulez effectuer un travelling qui monte ou descend et voulez bénéficier d’une stabilité totale…

On peut utiliser le rail sur une surface telle qu’un muret. Mais si tel est le cas, le débattement sera plus court. Et si la surface n’est pas plane, la garde au sol peut être un peu juste et bloquer le mouvement.

Le mouvement de ce rail est fluide mais il faut être concentré pour éviter un  micro-changement de rythme. Il n’y a pas de système de ralentissement en fin de travelling, mais juste deux butées. Au montage, vous pouvez couper avant la butée ou rester concentré sur le slider  sans regarder l’écran. Je peux vous assurer qu’après 24H d’essai, les travellings étaient plus réguliers que durant la première heure !

Sur le côté du chariot central, un loquet permet de (dé)verrouiller le rail pour éviter – lors d’un voyage – de se retrouver avec un chariot qui vous coince le doigt ! Pour le transport toujours, la tension de la courroie est réglable. Mais j’avoue l’avoir laissée à sa tension d’origine.

Le slider émet un léger bruit type « roulement à billes ». Ce bruit n’est pas audible pas dans une ambiance de ville mais en rase campagne, si.

Conclusion

 

On apprécie ce rail de voyage compact, transportable, et prêt-à-l’emploi, sans pieds à fixer. Les mouvements sont fluides. Il est relativement cher, surtout le Linecam 46, le plus intéressant. On peut aussi reprocher la garde au sol, et l’absence de toute option de motorisation. On n’a pas de solution de rotation légère automatique de la caméra par exemple, mais globalement, cela reste un excellent produit.

Le concurrent du Linecam est l’américain Edelkrone avec son Slider Plus qui lui ressemble.

Vidéo-test du Linecam de Motion9

Test en vidéo du slider Linecam 46 de Motion9 par Thierry P.