Un ours, c’est une méthode de montage progressive que n’importe qui peut adopter. C’est une méthode de type pyramidale qui est préconisée quand on se retrouve avec un grand nombre de rushs (de vidéos brutes) qu’on ne sait pas comment organiser, structurer et quand on fait face à une masse d’images qu’on a du mal à dégrossir. L’ours s’apparente à une maquette progressive.

L’ours est aussi une bonne méthode quand on a une idée trop vague de la façon dont on compte construire son montage.

Méthode pyramidale, disais-je plus haut, signifie qu’on construit un premier niveau, en fait un premier brouillon de montage. Puis, à partir de ce premier niveau, on en construit un second, moins long, plus affiné, etc. C’est cette progression qu’on appelle un ours. En général, trois ou quatre ours permettent de parvenir à ses fins, c’est-à-dire d’obtenir un montage finalisé.

Cette méthode permet d’avancer directement dans son montage et de voir celui-ci se construire petit à petit. Du coup, la longue et barbante phase de dérushage, qui peut durer plusieurs heures, voire plus d’une journée, est ici totalement inutile puisqu’elle est contournée par une vraie méthode.

La méthode de l’ours s’oppose donc à celle du dérushage classique où vous visualisez chaque plan, notez s’il est bon ou pas, mais vous n’avancez pas dans votre montage et c’est assez frustrant.

L’avantage de l’ours, c’est que psychologiquement, vous avancez dans votre montage puisque vous commencez déjà à poser des plans sur la timeline et à les agencer.

Voici la procédure en détail :

Dans le premier ours, vous vous contentez de consulter vos rushes dans le chutier de la bibliothèque, puis quand vous trouvez qu’un plan est bon ou même « potable », vous le posez sur la timeline sans hésiter et vous placez ainsi tous les plans retenus à la queue leu leu. Bien sûr, les plans qui ne sont pas sélectionnés sont conservés dans le chutier, ils ne sont jamais éliminés.

A ce stade, on ne se préoccupe ni de la structure ni de la chronologie du montage, car la structure et la chronologie demandent de la réflexion. Autrement dit, réfléchir à son montage n’est pas le but de cette première étape. Pour sélectionner vos plans, je vous conseille de préférer le mode Vignette, qui est nommé aussi mode Pellicule, plutôt que le mode Liste (ou un terme équivalent selon le logiciel). La Vignette / Pellicule, elle, vous permet instantanément de voir une image figée du début de votre plan. Et souvent, ça suffit à l’identifier. Parfois, on peut même remplacer cette Vignette par celle de son choix.

La méthode de ce premier ours, c’est d’éliminer, autrement dit de ne pas sélectionner le superflu. Traduction : vous éliminez les plans ratés ou peu intéressants, les longueurs ou encore les redondances tout à fait évidentes. Si vous en êtes capable, vous laissez de côté également les plans pressentis inutiles, les hors-propos, les digressions, etc.

Un truc important, c’est que cette sélection exigeante doit se réaliser avec le moins d’hésitation possible. Il faut placer les séquences retenues sur la ligne de montage, donc sur la timeline, même si vous avez un doute sur le fait qu’elles s’intègrent dans la version finale. Le but, c’est d’aller relativement vite pour réduire la masse de rush que vous avez au départ. Sinon, dans l’absolu, vous n’auriez pas besoin d’un ours !

Autre conseil, veillez dès cette étape à conserver des plans pouvant servir de plans de coupe éventuels. Au final, on s’efforcera d’obtenir une première version, donc un premier ours, dont la durée soit environ deux fois inférieure à celle des rushs.

Passons au deuxième ours. Dans ce deuxième ours, on a donc réuni tous les plans qu’on a posés sur la timeline et le but est maintenant d’effectuer un tri plus sélectif. Pour cela, on doit commencer à réfléchir à la construction de son montage. Au mieux, on peut aussi tenter de se poser certaines questions. Par exemple : ce plan est-il opportun, attendu que je veux suivre telle ligne directrice ou que j’ai telle intention ? Et en fonction de la réponse, on place le plan ou pas.

D’autre part, dans ce deuxième ours, on va tenter d’enchaîner les plans d’une façon un peu logique et cohérente. C’est très souvent un ordre chronologique, surtout si c’est une vidéo de voyage que l’on monte, mais pas forcément. Ça peut être aussi un ordre qui va dépendre d’un « scénario », même modeste, que vous vous êtes donné.

Enfin, dans cette étape, on ne se soucie pas du rythme qui sera affiné à l’étape suivante et on laisse les éventuels plans de coupe à la fin ou dans un projet à part.

Voilà, passons au troisième ours.

Dans le troisième ours, cette fois, on affine en effectuant un écrémage plus sévère. On raccourcit les séquences jugées trop longues ou bien celles qui souffrent de défauts techniques tels qu’une instabilité en début ou fin de plan.

L’ours 3 sert aussi à trancher entre ces deux plans difficiles pour lesquels votre cœur balance, mais qui souffrent de redondances manifestes. Il faudra tester la séquence qui s’enchaîne le mieux avec celles qui sont adjacentes.

Un truc, placez les éventuels plans redondants les uns au-dessus des autres, sachant que l’affichage prend toujours en compte le plan qui est au-dessus de la pile. Puis, intervertissez les plans pour comparer le résultat. Enfin, éliminez le plan qui ne convient pas et conservez celui qui convient le mieux.

L’ours 3 peut ainsi se réduire d’un bon quart par rapport à l’ours 2.

Passons au quatrième et dernier ours.

Dans ce quatrième et dernier ours, le but est de finaliser l’ours, mais attendez quelques heures entre le troisième et le quatrième ours, pour laisser reposer votre esprit et avoir un autre regard. Un conseil : tentez de montrer cette version à une personne tierce. L’étape précédente a permis d’appréhender la structure globale du film. Il s’agit maintenant de parfaire certains raccords ou d’inverser deux séquences qui ne seraient pas dans un ordre logique.

Au besoin, on raccourcit encore un peu certaines longueurs. Surtout, on songe à donner du rythme. Le rythme, c’est le métronome du film. À cette fin, on doit placer tous les plans de coupe s’ils existent. Un truc pour trouver les plans de coupe, c’est de désactiver provisoirement le son de certains plans et de voir s’ils fonctionnent en plan de coupe.

Enfin, à la toute fin, en dehors de toute notion d’ours, on ajoutera évidemment la musique éventuelle ou un titrage.

Erreurs à ne pas faire dans les 4 premiers ours, n’ajoutez pas de musique ni d’effet de transition. Faites-le à la toute fin. Pourquoi ? Parce que vous prendriez le risque de devoir défaire, refaire vos effets et de devoir replacer vos effets musiques.

Ne jetez pas non plus vos séquences supprimées. Conservez-les dans le chutier de départ ou mieux, alignez sur une seconde timeline-rebut les séquences que vous avez écartées à l’ours 2.

Enfin, remettez-vous en cause. Tentez de garder à l’idée que votre ours, c’est un brouillon, même lorsque vous parvenez à l’ours 4. Revisitez le chutier au besoin et débarrassez-vous des plans inutiles…

Et surtout, bon ours !

Voilà. Merci d’avoir lu ce tuto. N’hésitez pas à poser des questions ou à faire part de vos remarques dans le module de commentaires ci-dessous.

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