La carte SD est un vrai standard de carte mémoire qui a néanmoins beaucoup évolué depuis son avènement. D’une carte à l’autre, on trouve différents sigles qui sont souvent complexes à comprendre pour le débutant. Voici un débroussaillage…

La carte SD est devenue le standard de stockage photo / vidéo grand public. Même Sony, a fini par céder et utilise des cartes SD. Voilà donc un standard qui dure depuis 18 ans, avec une compatibilité rassurante, qui accompagne les progrès des appareils photo et vidéo. Alors essayons de nous y retrouver dans les catégories de cartes SD qui se sont bien compliquées à décrypter ces derniers temps.

SOMMAIRE

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Capacité et Taille

La capacité de la carte (la quantité en Go) est souvent ce qui attire l’attrait du grand-public de prime abord. On définit les cartes par leur capacité maximale, ce qui donne les 3 générations actuelles de cartes SD :

La carte SD simple, qui ne se vend pratiquement plus, va jusqu’à 2 Go seulement. Les fichiers sont enregistrés dans le système FAT12 ou FAT16. La carte SDHC, son évolution, encore très courante, enregistre dans le système FAT32. Ce sigle signifie que le maximum des cartes SDHC va jusqu’à 32 Go, vous n’en trouverez pas en 64 Go.

Côté comptabilité, les lecteurs SDHC relisent les SD, mais pas l’inverse.

La carte SDXC est l’évolution logique de la SDHC : la SDXC va de 64 Go à 2 To (2000 Go). Il n’existe donc pas de SDXC de 32 Go par exemple. Les fichiers sont enregistrés dans un autre système informatique nommé exFAT. Précisons que la capacité de la carte n’a pas d’incidence sur la vitesse : ainsi plusieurs cartes à 128 Go, 256 Go et 512 Go peuvent avoir la même vitesse théorique maxi de 95 Mo/s.

Les lecteurs SDXC relisent les SDHC et les SD, pas l’inverse.

Nous vous déconseillons a priori d’utiliser des capacités de 128, 256 Go, voire 512 Go. Car plus la capacité augmente, plus les conséquences sont vives. Les cartes ne sont pas fragiles mais elles sont forcément malmenées, et extraites d’un boîtier. En outre, le risque de perdre sa carte existe étant donné leur petite taille. Contentez-vous de cartes de 32 et 64 Go, le meilleur compromis du moment.

Quand les smartphones évolués sont apparus, leur petite taille a nécessité de créer des cartes mémoire miniatures. On est ainsi passé du Plein format (24 x 32 mm pour 2,1 mm d’épaisseur) pour les appareils photos et caméscopes, à la MicroSD (déclinée en microSDHC, microSDXC) de 1 x 15 x 1 mm, qu’on retrouve dans les caméscopes type GoPro, ou smartphones. Cette carte nécessite un adaptateur (souvent livré) pour s’insérer dans un lecteur SD standard.

 

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Vitesse

En matière de vitesse, certains cartes utilisent encore en 2018 (!) des équivalents en « taux » (X) à l’instar de ce qu’on peut trouver sur les CD / DVD Blu-Ray vierges ou les graveurs. La nomenclature « X » équivaut très précisément à 150 kbps, ce que le gand-public ignore généralement. Ainsi :

  • -une vitesse de 200X correspond à du 30 MB/s.
  • -une vitesse de 300X correspond à du 45 MB/s,
  • -une vitesse de 600X correspond à du 90 MB/s,
  • -et une vitesse de 1000X équivaut à environ 150 MB/s

Pour un fabricant, c’est plus valorisant d’afficher 200x , 300x ou 1000x plutôt que 30 MB/s, 45 MB/s ou même 150 MB/s, mais cela peut tromper le consommateur. Cette indication de vitesse tend toutefois à s’estomper, remplacée par la notion de « Class ». Des fabricants rusent et indiquent les deux, à l’instar de Lexar.

La vitesse d’une carte SD dépend de plusieurs facteurs comme la vitesse de son bus, le type exact de mémoire NAND utilisée.
Les fabricants communiquent facilement sur la vitesse maximale atteinte par une carte (quand ils ne le font pas d’ailleurs, c’est une carte lente), mais c’est parfois la vitesse en lecture qui est précisée alors que celle-ci n’a que peu d’intérêt pour le photographe-vidéaste.
En effet, c’est la vitesse d’écriture sur la carte qui sera prépondérante, surtout avec des débits tels que ceux proposés à haute vitesse d’enregistrement (Ralenti) ou en 4K.
Pour les cartes SD, la vitesse de bus est un facteur important. Les fabricants de cartes ont commencé avec la mention « Normal Speed » (NS), qui indique une vitesse de bus de 12,5 Mo/s (100 Mbps).
Puis on a doublé le débit du bus dans les versions « High Speed » (HS) : soit 25 Mo/s (200 Mbps). Ces indications sont plutôt rares sur les cartes SDXC, qui sont passées directement au fameux « Ultra High Speed », plus connu sous le nom de UHS, norme que vous verrez partout aujourd’hui.

Dans sa version UHS-1 (qui s’écrit en chiffre romain « I »), l’UHS permet de pousser le débit jusqu’à 50 Mo/s ou 104 Mo/s, selon la fréquence de l’horloge.

Mais pour aller concurrencer les cartes rapides (XQD chez Sony, microP2 chez Panasonic), la Secure Digital Association a développé l’UHS-II. Les cartes UHS-II disposent d’une double rangée de contacts au lieu d’une seule rangée. Cette norme repousse encore la limite du bus jusqu’à 156 Mo/s ou plus généralement 312 Mo/s (soit 2496 Mbps). C’est la vitesse maximale du bus.

Jusqu’à présent, il n’y avait pas d’UHS-III en chiffres romains mais comme on va le voir après, il existe une Class 3, d’où la mention « UHS-3 » (ou UHS 3 sans tiret) qu’on voit parfois, ou encore celle de « UHS Speed Class 3 ». Ouf, c’est fini !

Donc voici résumées ci-dessus les différentes interfaces de bus (Normal, High, UHS-I, UHS-II), le type de carte utilisé, les logos correspondants, la vitesse théorique du bus, et la dernière version en date.

L’association SD a annoncé en février 2017, une accélération des performances. Ainsi, après le UHS-I (débit maxi à 100 Mo/s), le UHS-II (débit maxi à 300 Mo/s), voici le UHS-III (débit maxi à 600 Mo/s) !

La bonne nouvelle : les connecteurs sont identiques à ceux des cartes UHS-II. Notez qu’il s’agit de ce sont des débits maxima permis par le bus de la carte, pas des débits minima garantis indiqués par les classes U (U1 et U3).

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Class

Pour les vidéastes et photographes, c’est plutôt la vitesse en écriture (pendant l’enregistrement dans l’appareil) qui les intéresse. C’est pourquoi une dernière notion prime, celle de « Class » (sans E !).

Si on osait un parallèle avec le réseau routier, les sigles High Speed, UHS-I et UHS-II correspondent aux 3 principaux types de voies (départementales, nationales, autoroutes) et les Class correspondent aux vitesses qui sont possibles sur ces différents axes. Dernier facteur, le conducteur qui possède un véhicule (un appareil enregistreur) qui va plus ou moins vite selon la cylindrée !

 

Class 2 et Class 4: une carte Class 2 permet d’écrire à au moins 2 Mo/s. Une carte Class 4 permet d’écrire à au moins 4 Mo/s. Actuellement, c’est l’entrée de gamme de la carte SDHC. Elle perd en intérêt, sauf en AVCHD (28 Mbps) : en effet 4 Mo/s, c’est 32 Mbps (puisque x8), donc un débit supérieur au débit maximum de l’AVCHD 2.0. Donc, contrairement à ce que les vendeurs ou les notices vous affirmeront, toute carte SDHC Class 4 est apte à enregistrer de la vidéo AVCHD sans perte d’image ! Son faible coût s’explique car c’est souvent un bus « normal » et non « rapide » qui est utilisé. Ce qui procure des vitesses de transfert sur ordinateur assez faibles, soyez patients ! 

Class 6 : 6 Mo/s garantis en écriture, souvent bien plus, réellement encaissés. Concrètement elle absorbe du 50 Mbps. A peine plus coûteuse, souvent « rapide » (High Speed), elle permet de relire les fichiers plus vite.

Class 10 : le haut de gamme SDHC. Elles sont souvent en UHS I et peuvent atteindre des débits importants. A conseiller pour les rafales de photos RAW, les photos non compressées en général, et la vidéo UHD / 4K. Guère plus chères.

Si la carte SDHC ou SDXC dispose d’un bus UHS, elle est aussi spécifiée avec une « Class UHS », qui multiplie par 10. La Class est indiquée à l’intérieur d’un « U », il faut bien la repérer sur la carte ou l’emballage parmi les autres indications. Cela donne :

– U1 : le débit en écriture continue passe à 10 Mo/s (80 Mbps). C’est pareil qu’une « High Speed Class 10 ». Il s’agit d’un débit garanti (donc minimum). La carte peut donc faire mieux que ce qu’elle indique en théorie.

Les fabricants (de caméras, de cartes) préconisent rarement ces cartes pour le 4K, du moins ils ne les mentionnent pas. Pourtant en pratique, ces cartes U1 sont adaptées à un débit 4K / UltraHD puisque les 80 Mbps ne sont pas toujours atteints en vidéo grand-public. Seuls les débits à partir de 100 Mbit/s restreignent l’utilisation de la U1.

 

– U3 : existant depuis fin 2013. On remarquera la double rangée de contacts. Cette carte est davantage conçue pour les hauts débits du 4K, car elle garantit 30 Mo/s en écriture continue (240 Mbps) !

Le U3 entre donc directement en concurrence avec les cartes CompactFlash rapides et les cartes XQD. Toutefois, le U3 est presque « trop » performant, même pour l’UltraHD au format XAVC-S.

La carte U3 est donc à utiliser en fonction du produit avec lequel on enregistre. Elle sera davantage conçue pour un GH4 / GH5 par exemple qui peut aller jusqu’à 200 Mbps (soit 25 Mo/s).

Seule certitude : avec une U3, on peut parer à toute éventualité, et ne pas se retrouver pris au dépourvu si on utilise un boîtier performant utilisé à sa pleine capacité. Par ailleurs, des vitesses de transfert supérieures s’avèrent incontestablement utiles lors du transfert des fichiers vers ou depuis l’ordinateur.

Enfin, pour être complet, retenez qu’il peut exister 2 cartes du même type (nous avons relevé le cas chez Transcend par exemple) indiquant 2 vitesses d’écriture distinctes (par exemple 60 MB/s et 85 MB/s). Pour la vidéo, une vitesse d’écriture de 60 MB/s semble suffire (testé sur un GH4) puisqu’elle encaissera les 200 Mbps des appareils les plus gourmands, alors qu’une 85 MB/s sera requise pour des photos en Rafale en haute résolution, ou de façon générale, pour des vues non compressées qui remplissent vite le buffer du boîtier photo.

En théorie, on va désormais assister à une simplification de la notion de Class grâce aux Video Speed Class (colonne de droite ci-dessus) : V90, V60, V30, V10, V6.

Ces nouvelles Video Speed Class devraient remplacer les Class des cartes SDHC et des SDXC qui deviennent source de confusion.

L’unité de mesure est celle des Class des cartes SDHC, à savoir :

  • une carte V6 absorbera au minimum 6 Mo/s, et celle-ci équivaudra à une carte Class 6,
  • une carte V10 absorbera au minimum 10 Mo, et celle-ci équivaudra à une carte Class 10 (ou U1),
  • une carte V30 absorbera au minimum 30 Mo, et celle-ci équivaudra à une carte U3,

etc.

L’ambition de simpliifer les choses n’est pas certaine de réussir. Comme on le voit chez Sandisk, le sigle « V30 » s’ajoute aux autres mentions. Un surcharge de plus !

Sur le fond, rien ne change : la « class » d’une carte fournit toujours la vitesse minimum atteinte en écriture, qui est la mesure le plus importante pour le vidéaste, ou pour le photographe en mode rafale.