P our 359 euros, prix (sans accessoires) situé entre une GoPro Hero 7 Silver et Black, l’Osmo Pocket reprend le concept des autres Osmo (Mobile, etc.). Mais ce nouveau modèle a les avantages des petites caméras type GoPro et des gros Gimbals, sans leurs inconvénients. Alors peut-on parler de « GoPro killer » ?

 

Le DJI Osmo Pocket en détail

Le concept de l’Osmo n’a pourtant pas vraiment changé. Il s’agit toujours d’une tête de caméra de petite taille fixée sur une nacelle stabilisée 3 axes, prolongée par une poignée qui sert de prise en mains.

Même si l’écran procure une autonomie de fonctionnement quasi complète, l’Osmo peut se conjuguer avec un smartphone, voire même une tablette, pour offrir une bien meilleure visualisation. C’est un confort supplémentaire, parfois indispensable car le petit écran 1 pouce intégré à l’Osmo concède des insuffisances.

Toutefois, le smartphone doit arborer un port USB-C ou type Apple (Lightning) ! Cette compatibilité est importante car sinon l’Osmo Pocket est bloqué lors de la première utilisation avec la nouvelle application gratuite DJI Mimo. 

Sur la base de ce concept, DJI a considérablement réduit la taille (121 x 28,6 x 36,9 mm), le poids (116 grammes), et incorporé un écran couleurs tactile carré de 1 pouce qui manquait aux autres Osmo. 

Ici nul besoin d’équilibrer la caméra sur la nacelle. DJI a tout de même inclus dans les Préférences la possibilité d’étalonner. Il faut aussi saluer la grande rapidité de la mise en route : à partir de la position Arrêt, il suffit de 6 secondes pour que le Gimbal s’allume, passe de sa position « repos » à « droit devant » et que vous puissiez commencer à enregistrer, c’est évidemment plutôt rapide. C’est une logique de prêt-à-filmer, du « Run and Gun » comme disent les anglo-saxons, ce qui favorise les réactions à chaud face à un événement inattendu. La GoPro Hero Black (6 ou 7) est aussi rapide mais elle n’a pas de tête de caméra à positionner dans le bon sens.

Autre joie – Small is Beautiful – c’est la légèreté et la petitesse de l’engin ! A côté d’une Hero 7 fixée sur une mini-poignée, cette dernière, pourtant pas très grande, dépasse de 50% l’Osmo Pocket qui porte bien son nom. On peut donc ranger l’engin de DJI dans une poche et garantir une assez bonne discrétion de tournage. La taille de l’Osmo Pocket lui permet aussi de se faufiler dans des endroits où les stabilisateurs plus gros (professionnels de surcroît), ne peuvent pas forcément s’introduire.

L’écran 1 pouce est tactile et c’est tant mieux. Tapez deux fois sur l’écran et vous accédez au suivi de Tracking (Auto-Track), technique familière à DJI, qui permet d’identifier un sujet (vous ou autre chose) que l’Osmo suivra en s’orientant sauf s’il le perd de vue. On doit cibler un sujet pour délimiter son aspect. C’est nettement plus pratique depuis l’écran du smartphone et surtout, on peut y exercer un mouvement « d’encadrement » du sujet pour mieux le délimiter, mouvement impossible sur le petit écran 1 pouce de l’Osmo.

La navigation sur écran est également très réactive et bien pensée. A la base, elle s’inspire de ce qu’on peut trouver sur les smartphones, voire sur les GoPro Hero récentes, avec des mouvements du doigt qui appellent des Menus de paramétrages. Les mouvements, notamment pour sortir d’un Menu, sont bien plus faciles à réaliser que sur d’autres caméras grâce à une aide visuelle inspiré en partie de GoPro : un trait blanc central indique depuis quel côté on doit revenir au point de départ : chez GoPro, il est aussi présent mais pas unifié et les sous-menus sont beaucoup plus nombreux. Chez DJI, on ne se trompe quasiment jamais grâce à cette aide.

L’autre petit détail qui facilite la déambulation est qu’une fonction choisie n’a pas besoin d’être validée. On se positionne dessus et c’est tout. Ce principe reprend celui de GoPro entre autres, excepté qu’il est plus systématisé et que surtout, il n’y a aucune fonction en « cul-de-sac », reproche que j’avais fait au sujet des GoPro ! Ajoutez le fait que chez DJI, il y a bien moins de fonctions et de combinatoires que chez GoPro : moins de possibilités certes chez DJI mais c’est plus facile de s’y retrouver !

Ce qui frappe aussi, c’est l’extrême dépouillement de l’Osmo Pocket avec ses deux seuls boutons visibles sur la face avant et rien à l’arrière ni sur le côté hormis le logement pour carte mémoire. Le bouton Enregistrement n’a qu’une seule fonction, en revanche le bouton de droite sert tout à la fois d’allumage / extinction, de changement de mode (Vidéo, Photo, Ralenti, Time-lapse…), de recentrage (2 coups) ou de mode Selfie (3 fois). Pas mal…

Notez que la poignée (en fait le corps de l’Osmo Pocket), dont le revêtement est en grès, est antidérapante et peut être tenue d’une seule main. DJI affirme que l’on peut définir des modes ou des paramètres avec un ou deux gestes du pouce. On a essayé. Oui c’est possible mais pas forcément très pratique…

Autre satisfaction, l’extrême rapidité de mise en route : à peine appuyé sur le bouton d’allumage et vous êtes prêt à filmer. Voilà un des plus rapides Run and Gun que j’ai eu l’occasion de tester.

L’écran est affichable en 16:9 ou en 4:3 via les Préférences, et sa luminosité est modifiable selon 2 positions (Clair ou plus sombre). Atttention, un écran clair ou sombre peut influencer l’affichage de l’image mais pas la scène enregistrée, et donc cela peut vous tromper. Il faut faire des essais avant de modifier.

Dans un autre registre, l’écran sert aussi à orienter verticalement la nacelle grâce à un tout petit curseur semi-transparent situé sur le bord droit. Toutefois, comme sur d’autres Gimbals, rien n’interdit de « forcer » l’orientation de la nacelle manuellement. Et de rester au besoin dans cette position en verrouillé.

DJI a choisi du H264 uniquement (extension MOV ou MP4), sans s’encombrer de H265, contrairement à GoPro qui autorise les deux sur sa Hero7 Black. Avec la plus récente mise à jour, l’enregistrement est en 1080p en 25p, 30p, 50p ou 60p et pour l’UHD (dit « 4K »), c’est encore plus spectaculaire puisqu’on dispose des mêmes fréquences d’images élevées. Du 50p / 60p en 3840x2160, peu de caméras le font…

Le débit est de 100 Mbps en 50p / 60p. Notez qu’il existe un mode Superfin (flux binaire amélioré) aux côtés du mode Élevé, mais cela ne joue pas en 30p, 50p, 60p, mais seulement en 24/25p (4K ou 1080p). Cela paraît donc un peu superflu de proposer de façon assez ostensible deux modes dont on n’utilisera qu’un seul la plupart du temps ! Notez aussi l’existence d’une fréquence de 120p en 1080p. Mais ce 120fps s’obtient en mode Ralenti en multipliant x4 la fréquence de 30 fps. Ce n’est pas une fréquence accessible comme le 50 / 60 fps.

Notez que l’Osmo chauffe un peu aux fréquences et résolutions les plus élevées. C’est d’ailleurs précisé à l’écran parfois. Mais ça ne m’a jamais empêché de filmer. Toutefois je n’ai pas poussé l’Osmo dans un usage extrême.

En marge des vitesses normales, il existe un mode Ralenti 4x en FullHD, dénué de son comme souvent, de relative bonne qualité, mais qui entraîne un recadrage (crop) assez important du centre de l’image (environ 2x), comme chez GoPro entre autres. L’image au Ralenti reste exploitable, sans être exceptionnelle. Elle fourmille vite car elle nécessite de la luminosité. Il importe grandement que vous consultiez nos fichiers-tests pour évaluer la vraie qualité de l’image.

Attention à la durée de la séquence au Ralenti, on a souvent trop de matière « déchet » !

Une alternative possible au mode Ralenti est d’utiliser (sans crop et à pleine résolution) les fréquences de 50p / 60p. Cette fréquence est d’ailleurs destinée à cet usage bien souvent.

Alors que GoPro est à 78 Mbps au maximum en 4K, DJI a opté pour du 100 Mbps. Dommage qu’il n’y ait pas un débit plus raisonnable ou un choix possible : en effet du 100 Mbps peut rendre la vie compliquée à des configurations informatiques pas assez musclées ou « anciennes » (l’ancienneté est relative en informatique !) et suppose des cartes suffisamment capacitaires.

Heureusement, on peut toujours contourner le problème en utilisant un mode Proxy, généralement en vigueur sur tous les logiciels de montage évolués. Et on conforme avec les rushes originaux.

Second problème, le poids : une séquence de 12 secondes atteint tout de suite les 150 Mo. Pensez-y.

L’Osmo Pocket est un outil vidéo avant tout mais il sait aussi prendre des photos en 3:2, 4:3 ou 16:9 (pas de 1:1) avec même une fonction Retardateur de 7 secondes, et il possède une fonctionnalité qui détecte et illumine automatiquement les scènes insuffisamment éclairées. Ne vous attendez pas à une qualité photo exemplaire, d’autant qu’habitué à shooter au smartphone, vous les trouverez peut-être pas meilleures chez DJI sur un smartphone ! On notera l’absence de HDR, dommage. Compensation, on a du RAW (DNG) à disposition. Et on a un mode Time-lapse, sorte d’hyperlapse où l’on peut poser deux points ou quatre points selon qu’on le fait depuis l’Osmo ou depuis l’application..

DJI prétend aussi que son Osmo peut prendre des poses longues de 2 à 3 secondes sans trépied en mode Pro. Pas de réglage d’ouverture, c’est classique.

Notez que l’Osmo est capable de s’orienter de 180° vers la gauche ou la droite, pour passer en mode Portrait à la place du mode normal, et ainsi passer ainsi en mode Renversé.

Même si on n’achète pas l’Osmo pour faire des photos, DJI a prévu un mode à part entière nommé mode « Panoramique » à 180° ou en assemblage 3x3 (soit 9 clichés) qui vient se substituer à sa façon à l’absence de très grand-angle. Les photos panoramiques à 180° sont constituées d’un assemblage de 3 photos. C’est amusant, car l’Osmo prend les 3 vues fixes en s’orientant de lui-même de façon à pouvoir réaliser l’assemblage au mieux. Les vues à la base sont capturées dans le format et la résolution de l’Osmo (4000 x 3000 pixels). Une fois assemblées, on obtient une unique vue d’environ 3926 x 990 pixels

Variante de ce procédé, le mode assemblage 3×3 est basé sur 9 vues : l’Osmo procède de même, il s’oriente tout seul, en partant du haut, puis à droite, puis de haut en bas. Au final, on obtient dans ce mode des vues de taille légèrement variable, par exemple en 1662 x 2100 pixels ou encore en 1713 x 2164 pixels…

Une restriction à ce procédé : Osmo trop incliné, un message d’avertissement empêchera la prise de vues et vous préviendra de relever l’Osmo.

Pour assembler les vues du mode Panorama, la bât blesse (un peu). Primo, on ne peut pas les voir directement sur l’écran de l’Osmo Pocket. Deuzio, il faut recourir à l’application DJI Mimo car le traitement ne s’effectue pas en interne de la caméra alors que techniquement, je pense que ça devrait être possible. Pour preuve, il existe d’autres caméras avec des modes HDR qui assemblent 3 vues fixes, et comme preuve supplémentaire, l’alternative existe de concevoir le Panorama directement depuis l’application DJI Mimo. Dans ce cas, l’assemblage s’opère directement dans l’application et votre photo est toute prête. Cela fait gagner une étape et simplifie grandement l’assemblage.

L’assemblage ne prend pas beaucoup de temps mais inexplicablement, parfois il « ralentit ». Je n’ai pas eu d’échec

Notez dans l’absolu que les photos originales sont stockées sur la carte mémoire, vous pouvez par conséquent les utiliser avec votre propre logiciel d’assemblage si vous en convoitez un en particulier. Si vous avez paramétré l’Osmo Pocket pour stocker les versions RAW des images, elles seront disponibles pour les panoramas.

Concernant les cartes mémoire acceptées, DJI recommande dans sa FAQ un certain nombre de cartes, vous pouvez suivre ces recommandations ou pas, car elles ne sont pas exhaustives : on trouve par exemple la micro-SDHC Samsung EVO Plus 32 Go UHS-1, la Samsung Pro 64 Go UHS-3 MicroSDXC, Samsung Pro Endurance 64 Go UHS-1 MicroSDXC, Samsung Evo Plus 64 Go UHS-3, la Sandisk Extreme 16/32 Go UHS-3 MicroSDHC ou encore la Lexar 633X 32 Go UHS-1, ou toute carte microSD avec une vitesse d’écriture supérieure à 30 Mo/s. La capacité Max acceptée est de 256 Go. De quoi faire ! Les cartes supportées sont en FAT32 si elles sont inférieures ou égales à 32 Go. Ou en EXFAT, si elles sont supérieures ou égales à 64 Go.

Notez que la carte est comme souvent sur les GoPro et les DJI, pas évidente à insérer avec des grosses paluches. Un coup de main à prendre avec l’ongle !

Dernière info vérifiée suite à la question d’un abonné du site : on peut parfaitement enregistrer les vidéos dans la mémoire de stockage du smartphone, en retirant la carte mémoire de l’Osmo.

L’Osmo Pocket a aussi des aspects empruntés à ses drones… Ainsi le mode FPV permet d’orienter la nacelle qui suit les mouvements de vos scènes. Comme alternative, on dispose du mode Suivre qui garde votre visage (ou autre chose) au centre de l’écran. Et enfin, le mode Verrouillage permet de conserver l’inclinaison dans une certaine position. C’est très réussi et amusant d’avoir cette fonctionnalité sur un Osmo. Vous pouvez aussi jouer avec le Panorama 3x3 d’une résolution que DJI qualifie de « saisissante ». C’est vrai qu’elle n’est pas mal. Enfin, DJI a intégré une fonction Timelapse en mouvement, sorte d’hyperlapse limité.

Côté connexions, un connecteur USB-C sous la poignée permet tout autant de recharger que de relier le Pocket à l’ordinateur pour décharger / transférer vos images. L’opération est relativement aisée (mon logiciel a reconnu la Pocket sans difficulté). Mais attention, le transfert est lent – très lent. Mieux vaut extraire la carte mémoire et transférer à partir de votre lecteur de cartes.

Attention à un piège systématique : si vous voulez relier l’Osmo à votre ordinateur (pour transférer vos images), veillez bien à placer le connecteur à enficher dans la glissière dans l’autre sens (en plus vous ne le perdrez pas ainsi), sinon la connexion ne s’opère pas.

L’audio n’est pas le grand absent avec 2 capsules intégrées (en fait un orifice stéréo). DJI affirme que cette capsules intègrent un algorithme de réduction des nuisances sonores (paramétrable via l’application), ce qui améliore considérablement la qualité d’enregistrement de l’Osmo Pocket. On veut bien le croire car la qualité audio en atmosphère normale, m’a convaincu (écoutez notre fichier-test), à égalité avec celui d’une GoPro en WAV. Et pour des besoins plus pointus, DJI a prévu en option un adaptateur USB-C/mini-jack 3,5mm pour prise Micro qui se fixe à la base de l’Osmo. Pas forcément très pratique mais ça a le mérite d’exister. Bien sûr, en situation venteuse, le son souffre davantage. Comme n’importe quelle caméra. D’où pour les mordus du son, l’appoint d’un micro externe, via l’adaptateur 3,5mm.

Côté connexions, un connecteur USB-C sous la poignée permet tout autant de recharger que de relier le Pocket à l’ordinateur pour décharger / transférer vos images. L’opération est relativement aisée (mon logiciel a reconnu la Pocket sans difficulté). Mais attention, le transfert est lent – très lent. Mieux vaut extraire la carte mémoire et transférer à partir de votre lecteur de cartes.

Attention à un piège systématique : si vous voulez relier l’Osmo à votre ordinateur (pour transférer vos images), veillez bien à placer le connecteur à enficher dans la glissière dans l’autre sens (en plus vous ne le perdrez pas ainsi), sinon la connexion ne s’opère pas.

Un peu à la manière de GoPro, DJI déploie de nombreux accessoires :

-d’abord un Boîtier étanche plongeant jusqu’à 60 mètres de profondeur (prix NC). Rappelons que la Pocket n’est pas étanche à la différence des GoPro Hero 6 et Hero7, étanches sans caisson par -10 mètres..

-un module Bluetooth et Wi-Fi sans fil (59€),

-une barre d’extension avec Joystick de contrôle

-une roue de commande (ingénieux, voir vidéo Youtube ici !) pour contrôle précis de l’axe panoramique et de l’inclinaison verticale de la nacelle grâce à une molette (59€).

-un support pour accessoires divers de type GoPro (voir vidéo ici). Prix : 25€

-un kit d’extension Osmo Pocket. Prix : 109€

-un adaptateur USB-C / mini-jack 3,5mm (pour connecter un micro externe dédié),

-un ensemble de filtres ND,

-un adaptateur de rechange pour smartphone (Lightning, USB-C). Prix : 15€

-un étui de recharge; Assez malin, cet étui permet de ranger deux cartes microSD, quatre filtres ND et deux adaptateurs pour smartphones.

-un étui simple,

-une base à démontage rapide (pour fixation solide sur casque ou planche),

DJI ne fournit d’origine aucun de ces accessoires, hormis les adaptateurs pour smartphones Lightning ou BSB-C. On a juste droit à une astucieuse coque de protection dans laquelle on peut glisser la caméra et qui a un orifice permettant de la recharger sans enlever cette coque, ce qui permet de la poser n’importe où. Côté transport de base par contre, on regrettera qu’aucune lanière ne soit prévue pour l’Osmo elle-même.

Terminons par une fausse note : la documentation très indigente. En fait DJI fonctionne sous forme de FAQ (en français, 38 questions / réponses) à découvrir sur le site du fabricant qui tente de circonscrire les questions que l’on peut se poser, et de tutos très simples (en anglais sous-titrés en anglais) via l’application DJI Mimo. Reconnaissons que le maniement n’est pas ultra complexe et les fonctions, pas si nombreuses. Mais si l’on s’affranchit des tutos en anglais, on passe à côté de certaines fonctions, et on déplore l’absence d’explication comme celle sur la différence entre le mode Sport et Marche, etc. On aurait vraiment aimé un PDF complet d’utilisation.

Liaison smartphone, application DJI Mimo

La question la plus épineuse – et celle sur laquelle de nombreux débats vont voir le jour – reste celle du smartphone qui pose un certain nombre de questions, voire de problèmes :

-d’abord un détail, la nécessité de recharger deux appareils au lieu d’un. L’expérience montre que plus on dispose d’appareils, plus le risque d’un oubli de recharge est démultiplié. Certes, l’Osmo Pocket peut fonctionner toute seule dans l’absolu. Et certes, on se fait avoir 1 ou 2 fois, rarement davantage…

-ensuite on sort un peu de l’idée d’un appareil totalement de poche, les smartphones, même de 5 pouces en moyenne, étant plus larges que la hauteur totale de l’Osmo Pocket !

En effet, le meilleur (ou le pire) est pour la fin : l’Osmo s’active la première fois par le seul connecteur physique, moyennant la connexion à l’application DJI Mimo !

C’est une sécurité qu’on retrouve d’ailleurs déjà sur certains drones de la marque. Pour ma part, comme il s’agissait d’un Osmo prêté déjà activé par le fabricant ou un autre testeur, je n’ai pas subi cette contrainte. Mais je signale cette info très importante !

Donc pas de connexion = pas d’Osmo ou l’obligation de se procurer un smartphone en USB-C ou un iPhone. Il existe des adaptateurs avec un câble, mais ça ne remplit donc pas tout à fait la même fonction, le smartphone risque de pendouiller… Je suis quand même amer de voir que mon smartphone Android n’a que 2 ans et qu’il est incompatible. J’ai été contraint d’utiliser un iPhone de secours…

Tenez compte aussi d’un problème éventuel avec la coque de protection du smartphone qui peut s’avérer trop épaisse.

Si l’on franchit l’obstacle de la liaison physique, l’ensemble constitue un assemblage cohérent. Il n’est pas trop conseillé de tenir ce duo d’une seule main, en tout cas pas par l’Osmo, cela exerce une tension trop forte sur le connecteur. On tient dans ce cas le smartphone de la main gauche sans appuyer sur un bouton, et on saisit l’Osmo de la main droite.

L’application propose donc de nombreux réglages qui ne sont pas d’origine implémentés sur l’Osmo. Toutefois, DJI a dédoublé certaines fonctions pour que l’Osmo puisse s’utiliser seul si besoin. Par exemple, le changement de résolution, de fréquence et de mode est possible sur l’Osmo comme sur l’application.

Parmi les paramètres secondaires, on peut choisir d’activer les zones surexposées, afficher ou non l’histogramme, opter pour l’un des deux modes de mise au point, et réduire les nuisances sonores (4 positions).

On peut recentrer, passer en mode Selfie, etc.

Le must, c’est peut-être l’action directe sur la nacelle au moyen de 2 Joystick, l’un horizontal, l’autre vertical. Un excellent moyen d’orienter la nacelle en maîtrisant le mouvement qu’on lui ordonne. C’est mieux que le seul mouvement vertical et peu pratique d’utilisation accessible depuis l’écran de l’Osmo.

On dispose aussi d’un mode automatisé de montage – le mode Story – basé sur une combinaison automatique de modes de prise de vues, de mouvements de caméras prédéfinis et de musique, qui ne sont pas forcément du goût de chacun, même « smartphonistes ».

-enfin, et surtout, l’association avec le smartphone est conditionnée à la connexion physique (juste sous l’écran) d’un smartphone muni d’une prise USB-C ou Lightning (Apple), ce qui ne garantit malheureusement pas la connexion avec tous les smartphones. DJI le reconnaît lui-même, précisant sur ses descriptifs produit « Veuillez noter que les smartphones dotés d’un port Micro USB ne peuvent pas être connectés à l’Osmo Pocket via le port universel.

Du coup, de nombreux smartphones moyenne gamme sont incompatibles. En effet, beaucoup « d’anciens » téléphones portables ont un connecteur micro-USB, connecteur physiquement moins large que l’USB-C qui ne s’adapte donc pas à l’Osmo Pocket ! DJI fournit en effet « seulement » un adaptateur Lightning (type Apple) et un USB-C mais pas de micro-USB standard. Rappelons que depuis 2014, la prise USB-C s’impose peu à peu. Mais pas complètement. La preuve.

Contourner par le Wi-Fi ? Aucun Wi-Fi intégré d’origine, seulement en option, et de toute façon, le Wi-Fi ne sert à rien lors de l’activation de l’Osmo.

Je pense (espérons) que DJI va prendre peu à peu la mesure du problème, en proposant un accessoire micro-USB au catalogue, mais cela nécessitera peut-être une mise à jour parallèle du firmware. DJI doit faire attention : les laissés-pour-compte qui restent sur le carreau à cause de leur prise micro-USB, pourraient freiner les ventes de l’Osmo Pocket !

Un détail aussi : l’adaptateur pour iPhone est difficile à enlever, il faut forcer. Pas normal. Et ça peut être préjudiciable à la longue.

L’application DJI Mimo (en français, c’est bien) est riche et vient remplacer l’ancienne application que l’on connaissait bien chez DJI (DJI Go). Vos identifiants DJI Go vous serviront à vous connecter à la nouvelle application DJI Mimo. L’application permet de piloter et paramétrer toutes les fonctions de l’Osmo Pocket par le biais du connecteur (ou par Wi-Fi mais avec un boîtier Wi-Fi / Bluetooth en option qui est cher). La connexion entre les deux est très rapide, et sans échec (50 essais effectués environ !), un vrai plus.

On peut paramétrer les fréquences, les résolutions, la qualité, changer de mode (Vidéo, Photo, Ralenti, Time-lapse, Panoramique), piloter le suivi sur écran, régler la balance des blancs (parmi 6 choix préréglés), ou ajuster l’exposition (EV) et l’AF directement sur écran.

L’appli DJI Mimo permet aussi de modifier la fréquence en 24 fps, pour des vues plus « cinéma ».

C’est aussi grâce à l’application DJI Mimo que l’on peut opter pour le mode Photo RAW (DNG) + Jpeg à la place des seules vues Jpeg. Et même choisir un filtre photo soft nommé Glamour. Pas de réglage vidéo équivalent en revanche, pas de Protune ou de filtres de ce genre ni (pour l’instant ?). Dommage.

Depuis une vignette en bas à droite visible seulement depuis l’application DJI Mimo, on accède aux medias qui permettent de voir tout ou de fragmenter les types de vues (photo, vidéo) pour un meilleur repérage, ou encore d’en sélectionner certaines.

L’Osmo Pocket est indéniablement une réussite là où on ne l’attendait pas car DJI avait déjà bien décliné le concept Osmo. Les doutes avant d’essayer ce poids plume de 116 grammes sont vite levés : la très bonne stabilité, la maniabilité, le côté « Run and gun », l’intelligence de conception, la double utilisation possible (avec et sans smartphone), l’ergonomie des menus, tout cela convainc. Même l’angle de champ pourtant réduit à 80° est vite toléré, et le tarif, est considéré comme pas si cher pour 2 appareils en un.

L’articulation avec un smartphone fait perdre en maniabilité mais gagne en confort visuel et en stabilité.

Alors, « GoPro killer » (tueur de GoPro) ? Je ne pense pas. D’une part la GoPro conserve ses avantages (en termes de fixation ou de commande par la voix), ce dont l’Osmo Pocket n’est pas capable. L’unique angle de champ est aussi plus restrictif chez DJI que chez GoPro. Enfin, la GoPro est étanche sans caisson et possède de nombreuses fonctionnalités très séduisantes. Même sur le plan de la stabilité, la sensation de fluidité avec un angle de champ large concoure à rendre la GoPro aussi stable. Enfin, l’Osmo Pocket ne peut changer sa batterie sur le moment. On reste donc tributaire d’une prise USB à proximité et d’une défaillance de la batterie qui rendrait l’Osmo inutilisable ?

Outil seulement pour Geeks ? Certes, ce profil d’utilisateur sera conquis par ce lilliputien de 116 grammes mais pas seulement eux. Bien au-delà des geeks, ce stabilisateur autonome devrait séduire ceux qui voyagent, qui randonnent ou qui mémorisent des souvenirs familiaux ou qui vivent des événements de toutes sortes. Voire même des journalistes. Bref, cette caméra fait de l’oeil à beaucoup de monde.

Reste aux ingénieurs de DJI à solutionner d’urgence l’incompatibilité des smartphones avec prise micro-USB entre autres choses. Dans leur propre intérêt.

Le concept
La légèreté, maniabilité
L’écran tactile intégré
La non-déformation due au 26 mm.
La stabilisation optique, sans électronique
Les différentes résolutions et fréquences
UHD jusqu’au 50 / 60p
Le son de qualité en interne
Le suivi AF sur écran
Le transfert facile
L’ergonomie très étudiée des Menus
La gamme étendue d’accessoires (boîtier sous-marin notamment)
Adaptation pour prise Micro
L’application DJI Mimo très complète
La charge rapide
L’incompatibilité avec les smartphones non-USB-C / Lightning
L’autonomie limitée à 2 heures 20 théoriques au maximum
Le nombre d’accessoires en option dont le boîtier Wi-Fi / Bluetooth
La documentation très indigente
La batterie non-extractible
Le capteur classique
L’absence de filtres.
L’autofocus perfectible
Le non-choix de l’angle de vue
La stabilité moins bonne sans smartphone
Pas de commande vocale comme chez GoPr

Vidéo-test du DJI Osmo Pocket

Vidéo-test du DJI Osmo par Thierry P.

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