Cité du Moyen-Orient connue pour être parmi les plus arides en été et les plus anciennes (3000 ans avant J-C !). La ville est surtout très intéressante à visiter et à photographier. En partance pour Yazd !

Yazd est une étape (voire un point de chute) incontournable en Iran, facilement accessible depuis Téhéran, Ispahan, Kerman ou Chiraz. Yazd était réputée pour sa soie, et sa prospérité s’est basée sur son commerce. La ville est très photogénique avec ses ruelles étroites, ses belles mosquées, ses galeries d’eau souterraines, et ses « tours du vent », les fameux badgir (voir plus loin). Mais il y règne surtout une atmosphère nonchalante qui contraste avec le rythme stressant des grandes villes comme Ispahan, Bandar Abbas ou bien sûr, Téhéran. Saurez-vous capter cette atmosphère si particulière avec votre oeil photographique ? Je vais essayer de vous y aider.

Depuis les toits de plusieurs restaurants (ici le Traditional Orient Hotel qui sert aussi d’hébergement que je cite à titre désintéressé), la tombée de la nuit est observable avec une vue intéressante sur les édifices de la ville, donnant sur la Grande Mosquée (à gauche), et à droite le Seyed Rokn Addin Mausoleum, un des plus anciens monuments de Yazd. J’y suis allé dîner trois fois dont un soir d’orage, un photographe et son trépied était d’ailleurs là avant moi, prêt aux avants-postes, pour capter le ciel tourmenté.

Si vous pratiquez la vidéo, ne ratez pas la prière du soir aux environs de 20H30. 

La Grande Mosquée (Masjed-e-Jameh), nommée aussi Mosquée du vendredi, s’aperçoit depuis de nombreux lieux de Yazd, et sert ainsi de point de repère, lorsqu’on réside dans le centre ou qu’on s’y rend souvent. Les vues intérieures et la façade de cet édifice construit au 12e siécle (et récemment rénové) sont également impressionnantes.

A l’intérieur de la longue cour à arcades de la Grande Mosquée, il n’est pas rare que des jeunes filles se photographient en selfie, en prenant des poses très travaillées, et cela désacralise ce lieu sacré d’architecture perse. Celles-ci, malgré la distance – j’utilise un téléobjectif équivalent de plus de 300 mm – ont fini par me voir, et ont un peu stoppé leur manège.

 A Yazd, prenez le temps de scruter une des nombreuses Tours du vent (« badgirs » ou « badguirs »), système d’aération mécanique particulièrement ingénieux qui utilise un système de courants descendants et ascendants, couplé à un bassin d’eau situé en contrebas, rafraichissant ainsi les pièces des maisons. Une énergie renouvelable redoutable qui sait transformer un vent même faible en une source d’aération naturelle !

Les badgirs, construites dans un mélange d’argile, de paille et d’eau, sont loin d’être toutes uniformes, carrées ou octogonales, selon l’orientation par rapport au vent et la grandeur de la maison qu’elles rafraîchissent. C’est à Yazd qu’on doit la naissance de ses tours dont le principe a essaimé dans d’autres villes d’Iran et du Moyen-Orient… 

Les ruelles étroites de Yazd, fort nombreuses, font partie du charme indéniable de la cité, où tout est fait pour se protéger de la chaleur. Vous rencontrerez beaucoup de murs en argile joints par des arches. D’un point de vue photographique, même à 3 heures de l’après-midi comme ici, heure pourtant peu flatteuse, on réussit toujours à cadrer des vues valorisantes et pas trop éblouissantes. Un conseil : ne faites pas comme nous qui, beaucoup trop confiant, et malgré l’aide de l’excellente application Map.me, nous sommes aventuré dans le dédale des ruelles dès les premières heures où nous sommes arrivé à Yazd. Résultat,  on s’est égarés comme jamais, confondant deux boulevards, et nous éloignant du restaurant que nous cherchions ! 

Le complexe Amir Chaghmagh est sans doute avec la Grande Mosquée de Yazd, l’un des points de repère de la ville le plus connu. Près de l’édifice , à l’angle du boulevard Imam Khomeini Street, un jeune iranien parlant le français nous accoste (il nous avait entendu parler). Il tenait en fait juste à nous rendre service et peut-être à améliorer son français en vue de devenir guide. C’est aussi de cette façon que se matérialise le sentiment d’hospitalité des iraniens.

Plus embarrassant pour nous, ce sont des enfants (environ 7 et 12 ans) qui servent les boissons sur l’un des grands cafés de la place. Ils sont plutôt affables et efficaces malgré leur anglais approximatif, mais ce sont des enfants… Et ce n’était pas juste du dépannage, ils étaient là chaque jour…  

Si vous souhaitez faire des images insolites, attendez donc qu’il pleuve un peu et précipitez-vous au complexe Amir Chaghmagh. Avec un peu de chance, une flaque d’eau reflètera l’édifice. Si de surcroît, vous parvenez à cadrer des iraniennes marchant à proximité, la photo sera vraiment originale.

Le Musée de l’eau, à 500 mètres à vol d’oiseau du complexe Amir Chaghmagh, est un des musées parmi les plus intéressants de Yazd, pour comprendre le fonctionnement de ses fameux qanats souterrains. Mais pas certains de l’artère précise où l’entrée se trouvait (le Lonely donne une adresse approximative),  nous sommes passés 3 fois devant sans le trouver ! La raison est que l’entrée du Musée est étroite pour un tel édifice, et se confond avec la devanture d’une demeure ou d’un passage. Pour information, le Musée donne sur Qeyam (ou Qiyam) Street.

Le Musée de l’Eau dévoile l’univers incroyable des cours d’eau en Iran, univers d’autant plus incroyable pour Yazd que les canaux sont venus irriguer une ville construite dans le désert et irriguer les maisons de la ville… On trouve dans le Musée un escalier descendant jusqu’à un bassin (un sardob) destiné aux ablutions.

A l’extrémité de la Grande Mosquée de Yazd, on retrouve un escalier un peu similaire à celui du Musée de l’eau. Mais l’entrée de cet escalier qui descend à pic peut passer totalement inaperçue ! L’escalier conduit aux fameux khanats de la ville. A dire vrai, l’endroit est peu ragoûtant et un peu odoriférant, en bas des marches, mais le coup d’oeil photographique depuis le haut (en plongée) ou depuis le bas (en contreplongée), sur l’escalier et la voûte, est somptueux.

Les ruelles de Yazd m’ont posé un problème récurrent en vidéo. Utilisant une GoPro, je me suis aperçu que le stabilisateur faisait des siennes et provoquait des images légèrement floues, suffisamment pour être désagréables à regarder. Désactivez dans ce cas le stabilisateur, utilisez plutôt un petit stabilisateur externe (Gimbal) ou une poignée.

Le zoroastrisme est encore pratiqué par une poignée d’iraniens, partculièrement à Yazd et dans ses environs. A l’Atashkadeh, on peut voir à cette occasion derrière une vitre, le feu sacré qui a changé plusieurs fois de lieu, mais qui serait (je n’ai pas vérifié !) entretenu par les prêtres avec du bois sec depuis… l’année 470 ! La salle principale diffuse une musique envoûtante, en harmonie avec le feu.

Les couleurs d’une fin de repas peuvent s’avérer particulièrement chatoyantes à photographier, pas vrai ?

Non loin du complexe Amir Chaghmagh, plusieurs allées sont consacrées exclusivement à  l’argenterie.

Le symbole du zoroastrisme, religion qui a précédé l’islam apparue au VIIe siècle… Les zoroastriens ne seraient pas plus de 30.000 à 50.000 en Iran, principalement concentrés à Yazd, Kerman et Téhéran. Ils sont reconnus comme minorité religieuse, car ils reflètent à leur manière l’antique Perse… à laquelle les iraniens sont très attachés. Cependant nombre d’entre eux ont émigré aux Etats-Unis.

A la tombée de la Nuit, les lumières du complexe Amir Chaghmagh éclairent le monument progressivement. Vous pouvez ainsi choisir l’éclairage le plus appropriée à votre envie en faisant des essais toutes les 5 minutes par exemple.

Dans le célèbre restaurant e-Vakil, ancien hammam situé au coeur du Bazaar, les musiciens s’en donnent à coeur joie. Ils jouent des musiques traditionnelles qui sont une occasion unique de sortir votre caméra vidéo. Toutefois, petit détail à connaître, les musiciens soint installés dans la partie « salon de thé » et non « restaurant ». Il faudra donc vous installer pour prendre un thé… ou fumer la chicha ! 

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(+ vidéo à venir) Vidéo :  © magazinevideo.com / Thierry Philippon